La Creuse : vers un plan de revitalisation

 
 
La Creuse : vers un plan de revitalisation

Plan particulier pour la Creuse : le département va bénéficier d’une stratégie de revitalisation.

La Creuse (23) va bénéficier d’une stratégie de revitalisation dont les principaux axes ont été proposés au Premier ministre, en juillet dernier. Un contrat d’avenir pour ce territoire fragile, que le CGET coordonnera. Les leviers d’action : l’innovation et la création d’activités économiques de niche, l’image du département et ses atouts de territoire « vert », l’amélioration des conditions de vie de ses habitants...

De la même manière que le CGET est très investi auprès de l’ancien bassin minier Nord-Pas-de-Calais , il assurera, dans les prochaines semaines, un rôle de coordination et d’animation interministérielle (auprès des ministères chargés de l’agriculture, du travail, de la santé…) autour du plan de revitalisation de la Creuse.

Ce projet de territoire – élaboré pour, selon les termes du Premier ministre, « concevoir des projets qui mettent en évidence les atouts de ce territoire et ses facteurs de croissance interne » – mobilise les services de l’État en concertation avec les élus locaux et les acteurs économiques. Le but : engager dans une dynamique de développement ce département très rural, frappé par la liquidation judiciaire de l’entreprise GM&S, équipementier automobile installé à La Souterraine, en 2017.

Autour de la préfète Magali Debatte, missionnée pour cette démarche de co-construction avec le soutien du CGET et du secrétaire général aux affaires régionales de Nouvelle Aquitaine, les élus locaux et les forces vives du territoire (entreprises, chambres consulaires, associations) ont défini des leviers de revitalisation de la Creuse, à partir des échanges établis au sein de 17 groupes de travail thématiques.

D’avril à juin dernier, près de 50 réunions ont fait émerger 130 projets structurants. Ces projets s’inscrivent dans lestrois axes stratégiques du plan de revitalisation de ce territoire à enjeux spécifiques.

1) Valoriser les atouts creusois (identité du département)
  • Promouvoir l’agriculture et l’agroalimentaire responsables
  • Faire de Guéret une destination du sport et des loisirs de nature (VTT, pêche sportive, trek à cheval, marche nordique, course d’orientation ; candidature aux sites de préparations des athlètes aux Jeux olympiques 2024…)
  • Faire de la Creuse un haut lieu du tourisme de nature
  • Développer les savoirs et les savoir-faire autour des tapis et tapisseries d’Aubusson (la tapisserie d’Aubusson est inscrite sur la liste du « Patrimoine culturel immatériel de l’humanité » de l’Unesco)…
2) Créer, développer et conforter des « activités de niche » productrices de valeur ajoutée et d’emplois sur le territoire

Développer la silver économie* (métiers de la domotique et de la santé, des services à la personne…), activités liées à l’usage des drones, aux biotechnologies, à la logistique ou à la filière bois (construction en bois, construction à énergie positive)…

3) Améliorer les conditions du bien vivre en Creuse

Donner accès au numérique et à la téléphonie, développer les transports/mobilité, la santé, l’éducation/enseignement, culture et loisirs, habitat, développement écoresponsable…

Pour mettre en place ces projets concrets, le département aura besoin d’un accompagnement technique pour la maîtrise d’ouvrage, financier pour les recherches de subventions et en ingénierie pour le montage des dossiers.

Au terme d’un prochain cycle de réunions interministérielles, le plan sera signé, d’ici la fin de l’année, avec les partenaires locaux.

* Activités économiques liées aux services aux personnes âgées.

Focus sur la Creuse
C’est l’un des départements les plus ruraux et les moins peuplés de France. Au sein de 258 petites communes vivent quelque 120 000 Creusois. Guéret, qui bénéficie du dispositif de redynamisation des villes moyennes Action Cœur de Ville , compte 13 600 habitants. Mais, plus de 75 % des communes ont moins de 500 habitants, et les EPCI ne disposent que de faibles moyens pour porter les projets.
Ce département de Nouvelle Aquitaine (voir indicateurs régionaux du CGET ) subit une déprise démographique due au vieillissement de sa population.
Riche d’une forte tradition rurale (4 400 exploitations agricoles, autour de l’élevage bovin extensif notamment) et d’une forêt très vaste (30 % du territoire), la Creuse dispose, a contrario, d’un secteur industriel peu étoffé et fragile.
Moins de 100 médecins libéraux sont encore actifs dans le département, et 39 % des généralistes ont plus de 60 ans.
Du fait du chômage et d’un niveau de revenu faible, la Creuse connaît un taux de pauvreté de 19,5 % contre 14,1 % au niveau national.

Article du Commissariat général à l'égalité des territoires