Cérémonie d’hommage au Préfet Claude Erignac

 
 
Cérémonie d’hommage au Préfet Claude Erignac

Monsieur Philippe Chopin, Préfet de la Creuse a organisé une cérémonie en hommage aux 20 ans de la mort du Préfet Claude Erignac, le mardi 6 février 2018, dans les Salons de la Préfecture de la Creuse.

Des élèves de 3ème du collège Jules Marouzeau étaient présents afin de participer à un temps d’échanges concernant le devoir de Mémoire et les institutions.

Claude Erignac, dont le père René Érignac a été Préfet de la Creuse de 1963 à 1967, est né le 15 décembre 1937 à Mende, en Lozère. 

Au service de l’État pendant plus de 34 ans, Claude Érignac a rempli toutes les fonctions qui peuvent être dévolues aux membres du corps préfectoral : postes territoriaux de sous-préfets puis de préfets aussi bien en métropole qu’en Outre-mer, membre de cabinets ministériels, ou responsable d’administration centrale.

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Discours de Monsieur Philippe Chopin, Préfet de la Creuse :

« C’est un grand plaisir pour moi de vous accueillir aujourd’hui dans la maison de la République, afin de rendre hommage au Préfet Claude Erignac, lâchement assassiné il y a 20 ans, le 6 février 1998, à Ajaccio en Corse.

En agissant ainsi, des criminels soustrayaient cruellement Claude ÉRIGNAC à l’affection des siens, de son épouse, de ses enfants et de ses proches.

Ils interrompaient brutalement cette belle et noble mission à laquelle il avait consacré sa vie : servir l’État, servir la collectivité, servir l’intérêt général, avec un sens du devoir et du dévouement digne des plus grands éloges. C’était également un homme qui avait l’élégance du cœur et la distinction de l’intelligence.

Vous êtes pour la plupart trop jeunes pour vous souvenir du préfet Erignac et de l’onde de choc qui a suivi sa disparition. L’assassinat du préfet de Corse, mort à son poste, dans l’exercice de ses fonctions, a en effet suscité l’indignation générale des Français.

 Parce qu’il possédait de grandes compétences, qu’il était un juriste avisé, un gestionnaire rigoureux, un homme de négociation et de dialogue, Claude Erignac fut choisi par le chef de l’État en janvier 1996 pour assumer la fonction difficile de préfet de Corse.

Si nous sommes réunis, 20 ans après ce crime, c’est pour réaffirmer notre attachement à la République, à ses valeurs et à ses principes.

S’en prendre à un préfet, c’est s’en prendre à l’État, à nos institutions : c’est vouloir frapper notre République, en plein cœur.

C’est vouloir l’effacer.  Mais on n’efface pas la République. Jamais. Nulle part.

 S’en prendre à un préfet, c’est viser l’autorité. Et c’est atteindre l’homme, derrière l’uniforme.

Nous n’oublierons jamais le nom de Claude ERIGNAC. Il devra toujours être écrit sur les murs de notre République. Il en est un symbole. Une grande et belle figure.

Les préfets sont des représentants de l’État et du Gouvernement. Ils mettent en œuvre les orientations fixées par la volonté du peuple.

Ils assurent l’action de l’État. Ils assument l’autorité de l’État. Être préfet c’est plus qu’une profession, c’est une mission, un dévouement. Un préfet, c’est l’image de la République, c’est l’incarnation de la République. C’est une république qui prend une dimension humaine.

Claude ERIGNAC a toujours veillé à agir au contact des élus, des citoyens, dans l’intérêt des territoires. Il n’a jamais ménagé ses efforts. Il a fait la démonstration des qualités qui font un grand préfet : capacités d’écoute, de dialogue, d’empathie. Capacités à convaincre, à décider, à mobiliser.

Les feuilles de chêne et d’olivier brodées sur nos uniformes symbolisent la force et la paix, tel était la ligne de conduite suivie Claude ERIGNAC. Une ligne que certains ont brisée.

Une ligne trop souvent brisée envers les représentants de l’État et les forces de sécurité, policiers, gendarmes ou encore pompiers.

Depuis les terribles attentats qui ont meurtri la France, ces hommes et ses femmes sont devenus des cibles de fanatiques islamistes ou encore de délinquants, de voyous, qui osent défier les forces de notre pays.

En 2017, 8 gendarmes, 4 policiers et 2 sapeurs-pompiers, ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions.

Notre présence ici, aujourd’hui, avec vous collégiens, enseignants, élus, représentants des services de l’État, témoigne de notre volonté à ne pas oublier l’assassinat de ce grand serviteur de l’État, le Préfet Claude Erignac.

En sa mémoire, nous allons procéder à une minute de silence. »

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