Influenza aviaire : les services vétérinaires sur le qui vive !

 
 

Des enjeux médicaux (gravité, contagiosité) et économiques justifient les mesures drastiques prises pour éradiquer les foyers.

L'influenza aviaire ou "grippe aviaire" est une maladie animale virale, très contagieuse. Elle affecte les oiseaux chez lesquels elle peut provoquer, dans sa forme hautement pathogène, une forte mortalité et de lourdes pertes économiques dans les élevages atteints. Les oiseaux sauvages (migrateurs notamment) constituent des sources de propagation et contamination non négligeables.

Les enjeux médicaux (gravité, contagiosité) et économiques justifient les mesures drastiques prises pour éradiquer les foyers. De nouvelles dispositions préventives viennent les compléter dans la lutte contre cette maladie.

L'influenza aviaire n'est pas transmissible à l'homme par consommation des volailles ou des produits (œufs, foie gras), mais reste possible par voie respiratoire par contact rapproché

La France a dû faire face lors du dernier hiver à près de 500 foyers d'influenza aviaire, dont une majorité dans les élevages de palmipèdes du sud-ouest de la France. Deux agents du Service Vétérinaire de la DDETSPP de la Creuse ont prêté main forte à leurs collègues des Landes et des Hautes-Pyrénées pour la gestion de ces foyers. La France a retrouvé son statut sanitaire indemne d'influenza aviaire le 2 septembre dernier.

Néanmoins, la situation épidémiologique actuelle redevient préoccupante en Europe compte tenu de la probable persistance du virus dans la faune sauvage (migratrice et résidentielle). Des foyers persistent autour de la Mer Baltique, et font craindre une contamination lors des toutes prochaines migrations vers les zones plus méridionales. En Belgique, un foyer chez un commerçant d'animaux d'ornements est à l'origine de quelques foyers secondaires proches de la frontière française. Enfin, début septembre, on dénombrait 4 cas en France, dont 2 cas dans des basses-cours (Ardennes), un chez des particuliers (Aisne), et un cas dans la faune sauvage (un cygne en Moselle).

Le caractère précoce d'une telle situation est préoccupant. Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a décidé d'élever le niveau de risque de « négligeable » à « modéré » sur l'ensemble du territoire métropolitain. Les services de l’État et tous les acteurs des filières avicoles sont donc vigilants et attentifs à toute évolution.

Tirant les leçons de l'épidémie de l'hiver dernier, 2 nouveaux arrêtés ont été publiés le 29 septembre. Ils précisent les règles pour rendre les élevages de volailles moins vulnérables au virus.Le premier arrêté définit les mesures de prévention à respecter dans les établissements détenant des volailles ou des oiseaux captifs. Ces mesures visent à limiter la contamination de l'élevage, limiter la propagation dans l'élevage, et la diffusion virale hors de l'élevage (mesures de biosécurité).

Le second arrêté définit quant à lui les parties du territoire métropolitain au sein desquelles le virus de l’influenza aviaire hautement pathogène a une forte probabilité de se propager. Ces « zones à risque de diffusion » sont surtout des zones de fortes densités d'élevages de palmipèdes. Elles viennent en complément des ZRP (Zones à risque prioritaires), zones très fréquentées par l'avifaune sauvage (migratrice notamment). La Creuse n'est pas directement concernée par ces zones.

Des mesures contraignantes s'appliquent dans celles-ci dès le niveau de risque « modéré ». En Creuse et sur tout le territoire métropolitain, ces mesures s'appliqueraient en cas de passage à un niveau de risque « élevé » décidé par le ministère de l'Agriculture. Parmi ces mesures : mise à l’abri des volailles, de leur alimentation et de l'abreuvement ; interdiction de rassemblement d’oiseaux (expositions, concours...) ; autorisations limitées des transports et d’introduction dans le milieu naturel de gibiers à plumes et de l’utilisation d’appelants ; interdiction des compétitions de pigeons voyageurs, vaccination obligatoire dans les parcs zoologiques pour les oiseaux ne pouvant être confinés ou protégés sous filet. Ces mesures seraient accompagnées d’une surveillance clinique quotidienne dans tous les élevages (commerciaux et non commerciaux).

Anticipant une telle éventualité, et suite au consensus en Commission Chasse et Faune Sauvage de l’utilité de cette démarche, la DDETSPP de la Creuse et la Fédération des chasseurs de la Creuse ont incité, par communiqué récent, les associations à avancer les dates de lâchers de gibier à plume.

Au-delà de ces mesures d’anticipation et de la déclinaison du cadre national, les services vétérinaires restent particulièrement vigilants à l’évaluation locale de la situation et notamment aux suspicions dont certaines ont déjà été localement explorées.